
Depuis le 1er août 2026, l’accise sur les gaz naturels pour les entreprises assujetties au taux plein atteint 16,66 €/MWh Cette envolée marque une rupture brutale avec une décennie de stabilité relative, puis de gels successifs qui avaient contenu la charge fiscale. Pour un responsable administratif ou financier d’une PME industrielle ou agricole, cette ligne de facture représente désormais un poste budgétaire à surveiller de près, d’autant que des leviers légaux permettent, sous conditions, de réduire substantiellement ce coût.
Certaines entreprises gazo-intensives ou exposées au risque de fuite de carbone peuvent prétendre à des taux minorés de 1,52 €/MWh ou 1,60 €/MWh. D’autres bénéficient d’exonérations totales selon l’usage du gaz : procédés métallurgiques, production d’électricité, usages non combustibles. Les exploitants agricoles, quant à eux, peuvent demander un remboursement partiel de TICGN depuis mai 2020. Encore faut-il identifier précisément sa situation parmi ces dispositifs, ce qui suppose de connaître son code NACE, ses volumes consommés et la nature de ses procédés.
Cet article traduit le cadre réglementaire de l’accise sur les gaz naturels en implications concrètes et chiffrées, sans vous contraindre à lire les textes douaniers vous-même. Vous y trouverez l’évolution du taux depuis 2015, les critères d’éligibilité aux taux réduits et exonérations, les démarches de remboursement agricole, et les leviers complémentaires d’optimisation de votre facture de gaz.
L’essentiel à retenir sur l’accise gaz en 2026
- Taux plein applicable au 1er août 2026 : 16,66 €/MWh pour les entreprises non éligibles à un dispositif de réduction.
- Taux minorés de 1,52 €/MWh et 1,60 €/MWh pour les entreprises gazo-intensives ou exposées au risque de fuite de carbone, sous conditions de code NACE et de volumes.
- Exonérations totales selon l’usage : gaz utilisé comme matière première, procédés métallurgiques, production d’électricité.
- Remboursement partiel de TICGN pour les exploitants et entreprises agricoles, disponible depuis mai 2020 via Chorus Pro.
- Identifier son éligibilité nécessite de vérifier son code NACE, ses usages du gaz, son statut ETS et ses volumes consommés.
Qu’est-ce que l’accise sur les gaz naturels, ex-TICGN ?
L’accise sur les gaz naturels désigne la taxe intérieure de consommation prélevée sur la fourniture de gaz naturel destiné à la consommation finale, en application de l’article 266 quinquies du code des douanes. Historiquement appelée TICGN (taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel), cette dénomination a évolué pour s’aligner sur le vocabulaire européen des accises, sans modifier son fonctionnement ni son cadre juridique.
Cette taxe s’applique à chaque MWh de gaz consommé par une entreprise, qu’elle soit industrielle, artisanale ou agricole. Elle figure sur la facture sous une ligne distincte, généralement intitulée « TICGN » ou « Accise gaz », et constitue une composante du coût global de l’énergie, distincte du prix de fourniture du gaz lui-même et de l’abonnement du contrat. La Direction générale des Douanes et droits indirects collecte cette accise auprès des fournisseurs de gaz, qui la répercutent ensuite sur les clients finaux.
Le montant applicable dépend de plusieurs critères : l’usage du gaz (combustible, matière première, production d’électricité), le secteur d’activité (identifié par le code NACE), les volumes consommés et le statut de l’entreprise au regard des quotas carbone (sites ETS). Certaines situations ouvrent droit à des taux réduits, d’autres à des exonérations complètes. Pour déterminer précisément le régime fiscal applicable à votre entreprise, la page ticgn 2026 détaille l’ensemble des dispositifs en vigueur et leurs conditions d’application.
Cadre réglementaire : L’accise sur les gaz naturels relève de l’article 266 quinquies du code des douanes, qui fixe les taux applicables, les exonérations et les taux minorés selon les usages et secteurs d’activité. Les modalités pratiques sont précisées par le cadre douanier des exonérations de TICGN publié par la Direction générale des Douanes.
De la stabilité à l’envolée : l’évolution du taux depuis 2015
Pendant près d’une décennie, le taux de l’accise sur les gaz naturels est resté relativement stable, oscillant autour de 8 €/MWh pour le tarif de référence. Cette stabilité a permis aux entreprises consommatrices de gaz de budgétiser leurs coûts énergétiques avec une certaine visibilité. À partir de 2021, des gels successifs ont interrompu les hausses programmées, dans un contexte de flambée des prix du gaz sur les marchés de gros : la priorité politique était alors de ne pas alourdir davantage la facture des professionnels.
Ces gels ont pris fin progressivement, et le taux plein applicable au 1er août 2026 atteint désormais 16,66 €/MWh, soit un doublement par rapport aux niveaux observés avant les gels. Cette hausse résulte de l’application des dispositions réglementaires qui indexent les tarifs d’accises sur les biens et services, conformément à l’arrêté fixant les tarifs d’accise publié au Journal officiel en janvier 2026. Les dispositions relatives à l’accise sur les combustibles sont entrées en vigueur à une date distincte de la publication du texte, permettant aux entreprises d’anticiper partiellement cette évolution.
Pour une PME industrielle consommant 1 000 MWh de gaz par an, le passage à 16,66 €/MWh représente une charge annuelle d’accise de 16 660 € au tarif plein, contre environ 8 000 € au taux historique de 8 €/MWh. Pour un artisan boulanger consommant 100 MWh annuels, la ligne d’accise grimpe à 1 666 € par an. Ces montants s’ajoutent au prix de fourniture du gaz et à l’abonnement du contrat, ce qui justifie l’intérêt de vérifier si l’entreprise relève d’un taux minoré ou d’une exonération.
Attention à la confusion : La hausse de la ligne d’accise sur votre facture ne provient pas du prix du gaz lui-même, mais de l’évolution du taux de la taxe. Pour distinguer l’impact de l’accise de celui du prix de fourniture, vérifiez les lignes correspondantes séparément sur votre facture.
Taux réduit ou exonération : votre entreprise est-elle éligible ?
Toutes les entreprises ne paient pas l’accise sur le gaz naturel au taux plein de 16,66 €/MWh. Deux taux minorés existent pour les entreprises dont l’activité présente une forte intensité énergétique ou une exposition au risque de fuite de carbone : 1,52 €/MWh et 1,60 €/MWh. L’éligibilité à ces taux réduits repose sur trois critères cumulatifs : le code NACE de l’entreprise (classification statistique européenne des activités économiques), les volumes de gaz consommés et, pour certains dispositifs, le statut de site ETS (système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre).
Les entreprises gazo-intensives, dont le coût de l’énergie représente une part significative de la valeur ajoutée, peuvent bénéficier du taux de 1,52 €/MWh si elles relèvent de secteurs listés par la réglementation et dépassent des seuils de consommation spécifiques. Les entreprises exposées au risque de fuite de carbone — c’est-à-dire dont l’activité pourrait être délocalisée hors d’Europe en raison du coût carbone — se voient appliquer un taux de 1,60 €/MWh. Pour vérifier votre éligibilité, consultez le code NACE figurant sur votre extrait Kbis ou votre documentation d’entreprise, puis comparez-le aux listes publiées par la Direction générale des Douanes.
| Profil d’entreprise | Taux applicable (€/MWh) | Conditions principales |
|---|---|---|
| Entreprise standard non éligible | 16,66 | Aucune condition particulière d’éligibilité à un dispositif de réduction |
| Entreprise gazo-intensive | 1,52 | Code NACE éligible, seuils de consommation et d’intensité énergétique atteints |
| Entreprise exposée au risque de fuite de carbone | 1,60 | Secteur exposé au risque de délocalisation carbone, souvent sites ETS |
| Usages exonérés (matière première, métallurgie, électricité) | 0 | Usage du gaz conforme aux critères d’exonération de l’article 266 quinquies |
Certaines utilisations du gaz ouvrent droit à une exonération totale d’accise, indépendamment du secteur d’activité. Il s’agit principalement du gaz utilisé autrement que comme combustible (par exemple comme matière première dans des procédés chimiques), du gaz employé dans des procédés métallurgiques de réduction chimique, et du gaz destiné à la production d’électricité. Si votre entreprise consomme du gaz pour l’un de ces usages, vérifiez auprès de votre fournisseur ou de votre service douanier de rattachement que l’exonération est bien appliquée sur vos factures.
- Votre gaz sert de matière première, dans un procédé métallurgique ou pour produire de l’électricité :
Vous relevez probablement d’une exonération totale. Vérifiez que votre fournisseur applique bien un taux de 0 €/MWh et conservez les justificatifs d’usage.
- Vous consommez de gros volumes et votre activité relève d’un secteur gazo-intensif :
Rapprochez votre code NACE des listes d’éligibilité au taux de 1,52 €/MWh. Si vous ne l’avez pas encore fait, constituez un dossier auprès de votre fournisseur ou de la douane.
- Votre entreprise est un site ETS ou appartient à un secteur exposé au risque de fuite de carbone :
Vous pouvez prétendre au taux de 1,60 €/MWh. Vérifiez votre éligibilité en consultant la documentation douanière ou en sollicitant un avis de la DGDDI.
- Aucune de ces situations ne s’applique :
Vous êtes assujetti au taux plein de 16,66 €/MWh. Explorez les leviers d’optimisation du contrat global de gaz pour réduire le coût total de votre facture.

Remboursement partiel de TICGN pour les entreprises agricoles
Les exploitants agricoles à titre individuel ou sociétaire, y compris dans le secteur de l’aquaculture marine, peuvent demander un remboursement partiel de la TICGN acquittée sur le gaz naturel consommé pour leurs besoins professionnels. Ce dispositif, disponible depuis mai 2020, concerne également les entreprises de travaux agricoles et forestiers ainsi que les coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA). Il s’inscrit dans le cadre du soutien aux filières agricoles face au poids des taxes énergétiques, mais reste un remboursement partiel : l’intégralité de l’accise payée ne sera pas récupérée.
Le remboursement porte sur les consommations de gaz naturel utilisé pour le chauffage des serres, le séchage des récoltes ou d’autres usages agricoles identifiés. Il s’agit d’un régime d’aides de minimis, ce qui signifie que le montant total des aides perçues par l’exploitation au titre de ce régime ne doit pas dépasser un plafond sur trois exercices fiscaux glissants. La demande de remboursement doit être déposée via le portail Chorus Pro auprès de la Direction départementale ou régionale des finances publiques du siège de l’exploitation, conformément à la procédure décrite sur la démarche de remboursement agricole TICGN publiée par le Ministère de l’Agriculture.
- Rassemblez vos factures de gaz
Conservez l’ensemble des factures de gaz naturel acquittées sur l’année fiscale concernée, en vérifiant que la ligne d’accise ou TICGN figure bien sur chacune d’elles.
- Vérifiez votre éligibilité
Assurez-vous que votre exploitation relève bien des bénéficiaires admis (exploitant individuel ou sociétaire, CUMA, entreprise de travaux agricoles ou forestiers) et que le gaz consommé concerne des usages professionnels agricoles.
- Créez votre compte Chorus Pro
Si vous n’en disposez pas encore, inscrivez-vous sur le portail Chorus Pro, plateforme officielle de facturation et de demandes d’aides publiques.
- Déposez votre demande auprès de la DDFiP
Complétez le formulaire Cerfa dédié au remboursement partiel de TICPE/TICGN (formulaire 14 902) et transmettez-le via Chorus Pro à la Direction départementale ou régionale des finances publiques du siège de votre exploitation, accompagné des justificatifs demandés.
- Attendez le traitement et le versement
Le service examine votre dossier et procède au remboursement partiel si toutes les conditions sont remplies. Les délais de traitement varient selon les services, prévoyez plusieurs semaines à quelques mois.
Caractère partiel du remboursement : Le dispositif ne rembourse qu’une fraction de la TICGN acquittée, et non la totalité. Vérifiez le montant éligible et les plafonds de minimis avant de budgétiser le gain attendu.
Réduire l’impact des taxes sur la facture de gaz : les leviers à activer
Une fois le taux d’accise identifié et, le cas échéant, un taux réduit ou une exonération appliquée, la facture de gaz peut encore être optimisée par d’autres leviers complémentaires. Le premier consiste à comparer les offres des fournisseurs de gaz : les tarifs de fourniture, les modalités d’indexation et les services associés varient sensiblement d’un acteur à l’autre, et une mise en concurrence régulière permet d’aligner le prix du MWh sur les conditions du marché.
Le coût global d’un contrat de gaz professionnel ne se limite pas au prix de la molécule et à l’accise : l’abonnement représente également une composante importante, parfois variable selon les volumes souscrits ou les conditions contractuelles. Certains contrats incluent un abonnement fixe, d’autres un abonnement proportionnel à la capacité souscrite, et quelques formules pratiquent un abonnement dit variable qui peut peser significativement sur le budget énergétique des entreprises consommant de gros volumes. Analyser cette composante permet d’identifier des marges d’optimisation souvent sous-estimées.
Pour les entreprises qui doutent de leur éligibilité à un taux minoré ou à une exonération, une simulation d’éligibilité aux dispositifs d’accise permet de vérifier précisément les critères applicables à leur situation. Opéra Énergie, fournisseur spécialisé dans l’accompagnement des professionnels, propose un service de vérification des régimes fiscaux applicables et d’optimisation du contrat global. Cette offre s’adresse aux entreprises qui souhaitent sécuriser leur positionnement réglementaire et s’assurer de ne pas payer le taux plein alors qu’un dispositif de réduction existe.
Au-delà de la dimension fiscale, examiner le coût d’abonnement variable permet de détecter des leviers d’économies complémentaires sur la facture énergétique globale.

Checklist d’optimisation de votre facture de gaz professionnel
- Vérifiez le taux d’accise réellement appliqué sur vos factures depuis août 2026.
- Identifiez votre code NACE et comparez-le aux listes d’éligibilité aux taux minorés de 1,52 €/MWh et 1,60 €/MWh.
- Si votre gaz sert à des usages exonérés (matière première, métallurgie, électricité), demandez l’application du taux zéro.
- Pour une exploitation agricole, déposez une demande de remboursement partiel via Chorus Pro si vous y êtes éligible.
- Comparez régulièrement les offres de fourniture pour aligner votre prix du MWh sur les conditions du marché.
- Analysez la structure de votre contrat et identifiez le coût d’abonnement pour détecter d’éventuels leviers d’optimisation complémentaires.
Quel est le montant de l’accise sur le gaz naturel au 1er août 2026 ?
Le taux plein de l’accise sur les gaz naturels applicable au 1er août 2026 s’élève à 16,66 €/MWh pour les entreprises non éligibles à un taux réduit ou à une exonération. Ce montant représente une hausse significative par rapport aux niveaux observés avant les gels successifs de la taxe.
Quelle est la différence entre la TICGN et l’accise sur les gaz naturels ?
TICGN (taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel) et accise sur les gaz naturels désignent la même taxe. La dénomination « accise » a été adoptée pour s’aligner sur le vocabulaire européen, mais le cadre juridique (article 266 quinquies du code des douanes) et le mécanisme de prélèvement restent inchangés.
Comment savoir si mon entreprise est éligible à un taux réduit d’accise sur le gaz ?
Votre éligibilité dépend de trois critères : votre code NACE (classification de votre activité), vos volumes de gaz consommés et, pour certains dispositifs, votre statut au regard du système ETS ou du risque de fuite de carbone. Consultez le code NACE figurant sur votre extrait Kbis et comparez-le aux listes publiées par la Direction générale des Douanes pour identifier votre régime applicable.
Le gaz utilisé comme matière première est-il exonéré d’accise ?
Oui, le gaz naturel utilisé autrement que comme combustible, notamment comme matière première dans des procédés chimiques, bénéficie d’une exonération totale d’accise en application de l’article 266 quinquies du code des douanes. Vérifiez auprès de votre fournisseur que cette exonération est bien appliquée sur vos factures.
Comment une exploitation agricole peut-elle se faire rembourser une partie de la TICGN ?
Les exploitants agricoles individuels ou sociétaires, y compris les CUMA et les entreprises de travaux agricoles et forestiers, peuvent demander un remboursement partiel via le portail Chorus Pro auprès de la Direction départementale ou régionale des finances publiques de leur siège d’exploitation. Le formulaire Cerfa 14 902 doit être complété et accompagné des factures justificatives. Le dispositif est disponible depuis mai 2020 et porte uniquement sur une fraction de l’accise acquittée.
Quel est l’impact de la hausse de l’accise sur la facture d’une PME industrielle ?
Pour une PME consommant 1 000 MWh de gaz par an, le passage au taux plein de 16,66 €/MWh représente une charge d’accise annuelle de 16 660 €, contre environ 8 000 € au taux historique. Pour un artisan consommant 100 MWh annuels, la ligne d’accise atteint 1 666 € par an. Ces montants s’ajoutent au prix de fourniture du gaz et à l’abonnement du contrat.
Avertissement fiscal : Cet article présente un cadre réglementaire général à visée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil fiscal personnalisé, ni une garantie d’éligibilité à un régime particulier d’accise. Pour toute question sur votre situation spécifique, rapprochez-vous de votre service comptable, de votre fournisseur de gaz ou de la Direction générale des Douanes et droits indirects.